Au G20, les flux de capitaux restent source de tension

dimanche 13 avril 2014 15h42
 

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - Alors qu'ils viennent d'affirmer d'une même voix que la situation économique mondiale s'améliore, les principaux dirigeants du G20 semblent toujours passablement inquiets.

Les pays émergents reprochent en effet aux politiques monétaires très accommodantes menées par les économies avancées de générer d'importants flux de capitaux qui risquent de les déstabiliser. Et pour les pays riches, l'accumulation de réserves de devises par les nations en développement empêche de progresser sur la voie du rééquilibrage de l'économie mondiale.

La réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 cette semaine à Washington a donné l'impression que ces tensions, perceptibles depuis plusieurs années déjà, augmentaient encore.

Le problème est que chacun des deux camps dit agir dans son propre intérêt et qu'il ne manque pas d'arguments très rationnels pour défendre sa position.

Même si le G20 s'est accordé pour dire que l'économie mondiale se portait mieux, ces divergences laissent penser que le monde est encore loin d'en avoir fini avec le déséquilibre historique qui voit les riches emprunter massivement pour acheter la production des pauvres.

"Nous ne sommes pas dans une situation saine", a résumé Raghuram Rajan, le gouverneur de la banque centrale indienne, lors d'un débat avant la réunion du G20.

Raghuram Rajan est l'un des principaux promoteurs d'une réforme de l'ordre monétaire mondial, notamment en appelant les banques centrales des pays les plus avancés à éviter des politiques monétaires trop audacieuses susceptibles de pénaliser le monde entier.

A ses yeux, les années de politiques monétaires accommodantes que viennent de vivre le monde développé ont conduit les pays émergents à amasser des réserves de dollars afin d'être en mesure d'intervenir sur le marché des changes, pour protéger leur économie en cas de mouvements brusques de capitaux.   Suite...

 
La réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 cette semaine à Washington a donné l'impression que les tensions relatives aux flux de capitaux, perceptibles depuis plusieurs années déjà, augmentaient encore. Le problème est que chacun des deux camps des pays émergents et des pays riches dit agir dans son propre intérêt et qu'il ne manque pas d'arguments très rationnels pour défendre sa position. /Photo d'archives/REUTERS/Truth Leem