Question autour du maintien de l'objectif des 3%

vendredi 11 avril 2014 16h12
 

WASHINGTON (Reuters) - L'annonce du maintien de l'objectif de réduction du déficit public à 3% du PIB fin 2015 pose la question du flou de la communication de l'exécutif, de ses choix politiques et économiques et des conditions pour atteindre cet objectif.

La communication d'abord, avec le refus des dirigeants français depuis des semaines de confirmer cet objectif et leurs déclarations sur la nécessité de discuter du bon "rythme" de réduction des déficits avec les Européens.

Le ministre de Finances, Michel Sapin, a finalement annoncé jeudi que "l'objectif de 3% est un objectif que nous devrions maintenir" et a expliqué que les propos qui pouvaient laisser penser autrement avaient été mal compris.

Question politique aussi, avec le choix du gouvernement de ne pas entrer en conflit avec la Commission et les partenaires européens sur le thème de la lutte contre l'austérité, au risque de braquer encore davantage la gauche du Parti socialiste.

"L'intention est de respecter nos engagements", a dit vendredi un conseiller du président François Hollande. "Mais respect des engagements ne signifie pas qu'il n'y a pas un dialogue sur les conditions de la croissance en Europe."

Les responsables français qui se sont rendus à Bruxelles jeudi pour rencontrer leurs homologues de la Commission n'ont pas communiqué sur une éventuelle négociation de l'objectif de 3%.

"L'idée n'était pas de négocier, ce n'était pas le sujet", a ajouté le conseiller, "l'idée était d'expliquer le 'pacte de responsabilité'".

Question économique ensuite, avec le défi de concilier un redressement des comptes sans précédent, une reprise suffisante pour faire reculer le chômage et une baisse des prélèvements des entreprises et des ménages.

Quant aux conditions de réalisation de cet objectif, enfin, il faudra d'abord annuler des crédits mis en réserve, qui représentent 7 milliards d'euros, et espérer qu'il n'y ait pas cette année de dépenses imprévues, ce qui est rarement le cas, comme l'a souligné la Cour des comptes.   Suite...

 
Le ministre des Finances Michel Sapin a déclaré jeudi que la France tiendrait son engagement de réduction de son déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB) pour la fin 2015. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic