Manuel Valls flou sur le déficit et le financement du "pacte"

mardi 8 avril 2014 23h35
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Manuel Valls est resté flou sur la réduction du déficit public et le financement du "pacte de responsabilité et de solidarité" lors de son discours de politique générale mardi, entretenant le doute sur la volonté de la France de tenir le calendrier convenu avec ses partenaires européens.

Un doute accentué par les déclarations du Premier ministre sur la nécessité de discuter avec eux du bon "équilibre" à trouver et par les nouvelles mesures qu'il a annoncées mardi sans dire comment elles seraient financées.

Manuel Valls a confirmé l'objectif de réaliser 50 milliards d'euros d'économies entre 2015 et 2017 par rapport à la croissance "tendancielle" des dépenses publiques mais il n'a pas précisé à quoi ces économies seraient affectées.

Il n'a pas non plus dit si d'autres économies étaient envisagées, ce qu'avaient annoncé des parlementaires à l'issue d'une rencontre avec lui mardi matin.

Avant le changement de gouvernement, l'exécutif prévoyait d'affecter ces 50 milliards à la baisse du déficit pour que la France tienne sa promesse de passer sous la limite européenne de 3% du produit intérieur brut fin 2015 et d'atteindre l'équilibre structurel des comptes publics à la fin du quinquennat.

Comme le ministre des Finances Michel Sapin, Manuel Valls a été ambigu sur le sujet, déclarant qu'il était pour le respect des engagements de la France mais contre l'austérité, et que le gouvernement expliquerait cela à ses partenaires européens.

Des dirigeants européens craignent que la France diffère une fois de plus ses engagements, alors même qu'elle a déjà obtenu un délai de deux ans l'an dernier pour passer sous 3%.

"Je suis pour le respect de nos engagements, pour le sérieux budgétaire, pas pour l'austérité, pas pour la remise en cause de notre modèle", a dit Manuel Valls devant l'Assemblée nationale.   Suite...

 
Manuel Valls est resté flou sur la réduction du déficit public et le financement du "pacte de responsabilité et de solidarité" lors de son discours de politique générale mardi, entretenant le doute sur la volonté de la France de tenir le calendrier convenu avec ses partenaires européens. Le Premier ministre a confirmé l'objectif de réaliser 50 milliards d'euros d'économies entre 2015 et 2017 mais n'a pas précisé à quoi ces économies seraient affectées. /Photo prise le 8 avril 2014/REUTERS/Charles Platiau