Sapin et Montebourg jouent chacun leur partition à Berlin

lundi 7 avril 2014 20h00
 

BERLIN (Reuters) - Les ministres français des Finances et de l'Economie ont défendu chacun leur priorité lundi, le premier promettant le sérieux budgétaire tandis que le second insistait sur le besoin de croissance, jugeant les comptes publics "accessoires".

Michel Sapin et Arnaud Montebourg, deux hommes si différents que leur cohabitation à Bercy a fait naître des craintes de cacophonie au gouvernement, ont joué leur partition parallèle dès leur première sortie officielle, un déplacement à Berlin.

Le premier avait assuré lors de sa prise de fonction, la semaine passée, qu'ils parleraient "d'une seule voix".

"Vous aurez le sentiment de la cohérence, de la cohésion", avait le ministre des Finances et des Comptes publics. "Nous partagerons toutes les réflexions, nous partagerons tous les grands débats et nous agirons d'une seule voix."

Lors d'une conférence de presse avec son homologue Wolfgang Schäuble, Michel Sapin a expliqué qu'il fallait trouver le bon équilibre entre la croissance et le redressement des comptes, au moment où les partenaires de la France craignent qu'elle ne parvienne pas à réduire son déficit public sous 3% du produit intérieur brut fin 2015 comme elle s'est engagée à le faire.

"Nous avons tous conscience que le chemin qui nous mène vers la sortie définitive de crise passe premièrement par le respect de nos engagements et deuxièmement par une croissance économique supérieure", a-t-il dit. "C'est l'équilibre entre les deux qui peut permettre à nos pays de retrouver un chemin plus solide."

Wolfgang Schäuble a quant à lui estimé que la France avait confirmé qu'elle avait conscience de ses responsabilités.

UNE QUESTION "ACCESSOIRE" POUR MONTEBOURG   Suite...

 
Conférence de presse à Berlin du ministre des Finances Michel Sapin (à droite) et de son homologue allemand Wolfgang Schäuble. Les ministres français des Finances et celui de l'Economie Arnaud Montebourg, deux hommes si différents que leur cohabitation à Bercy a fait naître des craintes de cacophonie au gouvernement, ont défendu chacun leur priorité lundi. Le premier a promis le sérieux budgétaire tandis que le second a insisté sur le besoin de croissance, jugeant les comptes publics "accessoires". /Photo prise le 7 avril 2014/REUTERS/Fabrizio Bensch