Olli Rehn contre un nouveau délai budgétaire pour la France

samedi 5 avril 2014 14h56
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne n'a aucune raison d'accorder à la France un nouveau délai pour lui permettre de ramener son déficit public sous la barre des 3% de son PIB, estime Olli Rehn, Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Paris a obtenu en juin dernier une prolongation de deux années pour se mettre en conformité avec les exigences européennes. Le déficit français, de 4,3% en 2013, devra être maîtrisé en 2015.

Le remaniement ministériel intervenu cette semaine après la déroute du Parti socialiste lors des élections municipales a modifié la donne. Le gouvernement dirigé par Manuel Valls a dit qu'il souhaitait renégocier le calendrier estimant qu'un ralentissement dans la réduction des déficits pourrait aider la croissance économique.

Les nouvelles règles communautaires, visant à contrôler les déficits publics après la crise de la dette dans la zone euro, prévoient des amendes en cas de non respect des engagements pris par un Etat membre.

"Si je m'en réfère au pacte de stabilité et de croissance, un nouveau délai pourrait seulement se justifier par des événements économiques inattendus et défavorables avec des conséquences pénalisantes pour les finances publiques", explique Olli Rehn.

"Je ne vois pas de tels événements économiques inattendus et défavorables depuis le mois de juin dernier. Au contraire, la zone euro connaît actuellement une reprise qui va se renforçant", a-t-il ajouté.

Les propos d'Olli Rehn traduisent l'inquiétude de voir un pays comme la France essayer de remettre en cause les règles budgétaires plus strictes du pacte de stabilité.

"Nous devons nous assurer que nous respectons les nouvelles règles d'un pacte plus audacieux parce que justement les décideurs de la zone euro sont conscients des risques et doivent avoir retenu les leçons du passé", a-t-il estimé.   Suite...

 
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, estime que l'Union européenne n'a aucune raison d'accorder à la France un nouveau délai pour lui permettre de ramener son déficit public sous la barre des 3% de son PIB. Le déficit français, de 4,3% en 2013, devra être maîtrisé en 2015. /Photo prise le 19 mars 2014/REUTERS/François Lenoir