Sapin revient à Bercy, mais devra composer avec Montebourg

mercredi 2 avril 2014 13h27
 

par Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le nouveau ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, aura pour mission de mettre en oeuvre le pacte de responsabilité et d'amadouer en parallèle les partenaires européens de la France si elle n'est pas, comme c'est probable, au rendez-vous de ses objectifs de réduction du déficit.

Le ministre du Travail sortant devra aussi composer avec Arnaud Montebourg, qui sort renforcé du changement de gouvernement et a fait monter ces derniers jours la pression sur la nécessité d'obtenir une réorientation de politiques de l'Union européenne trop marquées par l'austérité à son goût.

La cohabitation entre son prédécesseur Pierre Moscovici et le très médiatique ministre du Redressement productif a été tendue, parfois tumultueuse, ces deux dernières années.

On ne cachait pas ces derniers jours dans l'entourage de Michel Sapin que, s'il devait aller Bercy, ce serait à la condition d'en être le "patron".

Sa position dans le gouvernement, au même rang qu'Arnaud Montebourg qui récupère en plus l'Economie, fait qu'il devra composer avec celui dont il saluait récemment en privé le dynamisme, estimant qu'il "met du punch dans la vie politique et la vie économique".

Bien qu'il se soit rarement exprimé sur les questions européennes ces dernières années, Michel Sapin n'a jamais eu recours à la rhétorique provocatrice de son colocataire.

Il avait sévèrement critiqué l'an passé le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui défendait la nécessité d'une "confrontation" entre la France et l'Allemagne pour obtenir une inflexion des politiques européennes.

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Le nouveau ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, aura pour mission de mettre en oeuvre le pacte de responsabilité et d'amadouer en parallèle les partenaires européens de la France si elle n'est pas, comme c'est probable, au rendez-vous de ses objectifs de réduction du déficit. /Photo prise le 28 mars 2014/REUTERS/Christian Hartmann