Nommé ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg prend du galon

mercredi 2 avril 2014 11h59
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Arnaud Montebourg, nommé mercredi ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique, a accompli une mue au ministère du Redressement productif dans le précédent gouvernement, en passant de pourfendeur des patrons voyous à héraut de l'industrie française.

Le "troisième homme" de la primaire socialiste de 2011, opposant viscéral à la mondialisation, n'a pas mis dans sa poche ses critiques contre l'Allemagne, l'euro fort, les politiques européennes d'austérité ou la presse anglo-saxonne donneuse de leçons.

Mais il s'est bien gardé de contester publiquement la ligne sociale-démocrate de son ancien adversaire François Hollande, préférant livrer bataille sur le terrain médiatique du "made in France" que d'étaler ses états d'âme.

Si clash il y a eu, c'est avec Jean-Marc Ayrault, au moment de la tentative de sauvetage des hauts fourneaux de Florange (Moselle) fin 2012, quand le chef du gouvernement s'empare du dossier et désavoue son impétueux ministre, coupable d'avoir brandi la menace d'une nationalisation temporaire du site.

Humilié, Arnaud Montebourg pense à démissionner à l'issue de cet incident qui met à mal la cohésion du gouvernement. S'il y renonce, c'est, dit-il après coup, à la demande de François Hollande et du syndicaliste CFDT de Florange, Edouard Martin.

L'affaire laissera des traces au point que l'ambitieux ministre du Redressement productif n'hésite pas à s'afficher sur le terrain, pendant la campagne des municipales, avec un autre adversaire juré de Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, comme s'il s'agissait de montrer sa compatibilité avec le ministre de l'Intérieur si celui-ci était appelé à Matignon.

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Arnaud Montebourg, nommé mercredi ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique. A u ministère du Redressement productif dans le précédent gouvernement, cet opposant viscéral à la mondialisation, n'a pas mis dans sa poche ses critiques contre l'Allemagne, l'euro fort, les politiques européennes d'austérité ou la presse anglo-saxonne donneuse de leçons. /Photo prise le 26 mars 2014/REUTERS/Charles Platiau