La BCE et l'Eurogroupe ne décèlent pas de risque net de déflation

mardi 1 avril 2014 19h36
 

par Martin Santa et John O'Donnell

ATHENES (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) et l'Eurogroupe ne décèlent pas un risque de déflation bien défini dans la zone euro en dépit d'un net ralentissement de la hausse des prix mais une période prolongée d'inflation faible pourrait être préjudiciable à l'économie.

L'inflation de la zone euro reste coincée dans une "zone dangereuse" - suivant les propres termes de la BCE - en deçà de 1% depuis octobre et elle a encore baissé en mars, à un niveau sans précédent depuis plus de quatre ans de 0,5% en rythme annuel.

"Le taux de croissance de l'inflation est une préoccupation", a dit le vice-président de la BCE Vitor Constancio, lors d'une conférence de presse, à la suite d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe). "Cela semble indiquer que l'Europe et la zone euro peuvent se retrouver dans une période prolongée d'inflation basse et cela peut constituer un frein à la reprise".

"Nous ne percevons aucune perspective de déflation", a-t-il cependant ajouté.

La BCE tiendra jeudi sa traditionnelle réunion mensuelle de politique monétaire mais les économistes pensent qu'elle s'abstiendra pour le moment de toute initiative - classique ou moins conventionnelle - visant à relancer l'inflation.

Le ministre de l'Economie italien Pier Carlo Padoan est en phase avec ce constat. "Il n'y a pas de risque de déflation évident et cela se fonde sur le fait que les anticipations d'inflation à moyen terme sont ancrées à des niveaux normaux autour de 2%, ce qui est l'objectif à moyen terme de la zone euro", a-t-il observé.

"Cela dit, les autorités suivent très attentivement l'évolution de la situation... Il y a une réunion du conseil de la banque centrale jeudi au cours de laquelle la situation sera à nouveau examinée", a-t-il ajouté.

Constancio, qui pense que la croissance s'est poursuivie en zone euro au premier trimestre de cette année, a ajouté que la reprise autoriserait une remontée de l'inflation et ce dès le mois d'avril.   Suite...

 
Le président de la BCE Mario Draghi (à droite) et le vice-président Vitor Constancio. La Banque centrale européenne et l'Eurogroupe ne décèlent pas un risque de déflation bien défini dans la zone euro en dépit d'un net ralentissement de la hausse des prix mais une période prolongée d'inflation faible pourrait être préjudiciable à l'économie. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski