Débat sur la diversification énergétique en Allemagne

dimanche 30 mars 2014 15h57
 

BERLIN (Reuters) - Un débat sur un réexamen de la stratégie énergétique de l'Allemagne afin de réduire sa dépendance envers le gaz russe à la suite de la crise ukrainienne suscite des tensions au sein de la coalition gouvernementale dirigée par la chancelière Angela Merkel.

Plusieurs responsables du Parti social-démocrate (SPD), qui appartient à la "grande coalition" avec les conservateurs de Merkel, s'interrogent sur le bien-fondé d'une réorientation de la politique énergétique allemande.

Berlin importe environ 35% de son gaz de Russie.

La question sera certainement débattue mardi quand la chancelière rencontrera les dirigeants des seize Länder pour parler de la réforme des subventions sur les énergies vertes.

Hannelore Kraft, ministre-présidente du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, fortement industriel, a exigé des explications de Merkel. "La chancelière doit nous dire exactement ce qu'elle veut", a-t-elle dit au Welt am Sonntag.

L'Allemagne s'est tournée ces dernières années vers les énergies renouvelables, un programme ambitieux qui prévoit notamment la fermeture de la filière nucléaire et une réduction de l'exploitation des énergies fossiles.

Pour le ministre SPD de l'Economie et de l'Energie, Sigmar Gabriel, appuyé par les experts, il n'y a pourtant guère d'alternative au gaz russe et, malgré les tensions actuelles, il est peu probable que Moscou suspende ses exportations.

Un avis partagé par le patron de Deutsche Post DHL, Frank Appel.

Autre signe de la volonté allemande de ne pas rompre ses liens énergétiques avec la Russie, Der Spiegel rapporte que le gouvernement Merkel a décidé de ne pas s'opposer à deux accords bilatéraux largement critiqués dans les médias, l'un concernant DEA, filiale pétrolière et gazière de RWE, l'autre Wintershall, filiale de BASF.   Suite...

 
Un débat sur un réexamen de la stratégie énergétique de l'Allemagne afin de réduire sa dépendance envers le gaz russe à la suite de la crise ukrainienne suscite des tensions au sein de la coalition gouvernementale dirigée par la chancelière Angela Merkel. Berlin importe environ 35% de son gaz de Russie. /Photo d'archives/REUTERS/Fabrizio Bensch