La BCE ouvre la porte à l'assouplissement quantitatif

mardi 25 mars 2014 19h25
 

par John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne n'exclut pas d'acheter des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation, a déclaré mardi le président de la Bundesbank, comme pour signifier prudemment un infléchissement de la traditionnelle réticence de la BCE à épouser une pratique controversée.

Le rachat d'actifs bancaires par la Banque centrale européenne s'apparenterait à de l'assouplissement quantitatif, mesure à laquelle ont largement eu recours la Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre pour soutenir leurs économies mais à laquelle la BCE, notamment sous la pression de l'Allemagne, s'est toujours refusée.

La BCE a baissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas et inondé le système bancaire avec des prêts à taux bas, mais la reprise reste fragile et le taux d'inflation ne remonte pas.

De nombreux économistes estiment depuis un moment que la BCE a épuisé ses marges de manoeuvre en matière de taux directeurs et doit envisager des mesures plus radicales comme l'achat de dette souveraine, à l'instar de ce que fait régulièrement la Fed pour soutenir l'économie américaine.

L'assouplissement quantitatif est une politique controversée puisqu'elle s'apparente pour ses détracteurs à un financement d'un Etat par une banque centrale, une pratique interdite à la BCE par ses statuts.

C'est donc très prudemment que Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a ouvert mardi la porte à cette pratique en soulignant que la portée des instruments classiques à la disposition de l'institut d'émission était limitée.

"Les mesures non conventionnelles à l'étude appartiennent largement à un domaine inconnu", a dit Jens Weidmann au cours d'un entretien accordé mardi à MNI.

"Cela signifie que nous avons besoin d'une discussion sur leur efficacité ainsi que sur leurs coûts et leurs effets secondaires", a-t-il ajouté. "Cela ne veut pas dire qu'un programme d'assouplissement soit exclu. Mais nous devons nous assurer que l'interdiction de financer les Etats soit bien respectée."   Suite...

 
La Banque centrale européenne n'exclut pas d'acheter des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation, a déclaré le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, comme pour signifier prudemment un infléchissement de la traditionnelle réticence de la BCE à épouser une pratique controversée. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski