22 mars 2014 / 20:43 / il y a 3 ans

La crise en Ukraine dope les pourparlers commerciaux USA-UE

Le représentant américain au Commerce, Michael Froman, a déclaré que la crise en Ukraine et les tensions avec la Russie illustraient la nécessité d'un renforcement substantiel des liens économiques entre les Etats-Unis et l'Union européenne (UE). Il a notamment évoqué la perspective d'exportations de gaz naturel américain vers l'Europe en citant les compagnies françaises Total et GDF Suez. /Photo prise le 18 mars 2014/Jonathan Ernst

BRUXELLES (Reuters) - La crise en Ukraine et les tensions avec la Russie illustrent la nécessité d'un renforcement substantiel des liens économiques entre les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), a déclaré samedi le représentant américain au Commerce.

Michael Froman a notamment évoqué la perspective d'exportations de gaz naturel américain vers l'Europe en citant les compagnies françaises Total et GDF Suez.

Quatre jours avant le sommet UE-USA mercredi à Bruxelles en présence du président américain Barack Obama, Michael Froman a jugé que le raisonnement "ne pourrait jamais être plus fort" qu'en ce moment en faveur du pacte de libre-échange en cours de négociations depuis juillet entre les deux parties.

"Quand on regarde le monde aujourd'hui, il y a de puissantes raisons pour que l'Europe et les Etats-Unis s'associent pour démontrer qu'ils peuvent porter leur relation à un nouveau niveau", a-t-il dit à la presse à Bruxelles.

"Les développements récents soulignent l'importance de la relation transatlantique. Aussi bien du point de vue stratégique qu'économique, le raisonnement en faveur du TTIP ne pourrait jamais être plus fort", a-t-il ajouté, en utilisant le sigle américain du "partenariat transatlantique de commerce et d'investissement" en cours de discussions.

Si elles aboutissent, les négociations déboucheront sur le plus important accord de libre-échange jamais conclu puisqu'il couvrirait près de 50% de la production économique mondiale, 30% du commerce international et 20% des investissements directs étrangers. A Washington comme à Bruxelles, on estime qu'il pourrait générer un surcroît d'activité de plus de 100 milliards de dollars par an des deux côtés de l'Atlantique en créant un marché de 800 millions de consommateurs.

LICENCES D'EXPORTATION

Les révélations sur l'espionnage américain en Europe et les soupçons selon lesquels un tel pacte favoriserait essentiellement les grandes entreprises multinationales contribuent cependant à susciter des réticences chez les citoyens américains et européens vis-à-vis de ce projet.

Les dirigeants européens ont toutefois saisi l'occasion de la crise en Ukraine, à laquelle la Russie a pris la Crimée, pour alerter sur les risques liés à la dépendance de l'UE à l'égard de Moscou en matière d'approvisionnements énergétiques.

Or, les Etats-Unis pourraient jouer un rôle dans ce domaine.

Michael Froman a souligné à quel point un accord de libre-échange faciliterait pour les compagnies européennes les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) des Etats-Unis vers l'Europe. Une telle évolution pourrait même intervenir avant la conclusion formelle du pacte, comme le souhaitent la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Dans le cadre de la législation actuelle, le département de l'Energie doit accorder des licences d'exportation aux compagnies qui en réclament. Avec un accord de libre-échange (FTA), ces licences seraient délivrées automatiquement.

"A l'évidence, lorsque le TTIP sera conclu, en supposant qu'il le sera, il y aura une relation de nature FTA avec l'Union européenne", a dit le représentant américain au Commerce.

L'Asie est pour le moment un marché d'exportation plus lucratif pour le gaz naturel liquéfié américain mais Michael Froman a souligné qu'il revenait aux compagnies européennes de choisir leurs marchés et que les exportations de gaz américain ne dépendaient pas uniquement de l'accord de libre-échange.

"Même maintenant, il y a eu quatre ou cinq licences d'exportation vers des pays non-FTA qui ont été délivrées. Elles concernent plusieurs compagnies européennes", a-t-il ajoutant en citant Total et GDF Suez.

"C'est à elles de décider où va ce gaz. On peut concevoir que les gouvernements européens ont un intérêt à ce qu'elles acheminent ce gaz en Europe."

Bertrand Boucey pour le service français

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