La France trouve un rare écho à la BCE sur l'euro fort

vendredi 21 mars 2014 10h49
 

par Leigh Thomas

PARIS (Reuters) - Renvoyés dans leurs cordes dans le passé quand ils déploraient le niveau élevé de l'euro, les dirigeants français trouvent aujourd'hui un rare écho auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Mais pour des raisons très différentes.

En France, c'est l'impact de l'euro fort sur la fragile reprise économique qui est redouté, les exportations françaises étant très sensibles aux prix, alors que l'institut de Francfort craint son effet négatif sur une inflation déjà très basse.

La devise européenne s'échangeait vendredi matin sous 1,38 dollar, en repli après les déclarations de la présidente de la Réserve fédérale américaine sur une possible remontée des taux. L'euro a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis deux ans et demi face à la monnaie américaine, à 1,3967 dollar.

A gauche comme à droite, les responsables politiques français ont souvent critiqué l'euro fort, parfois aidés par des chefs d'entreprises exportatrices comme Airbus, et appelé la BCE à agir, ce à quoi cette dernière répondait que les taux de change ne relèvent pas de son mandat.

La semaine dernière, le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré que le niveau de l'euro devenait "de plus en plus pertinent dans l'évaluation de la stabilité des prix", des propos qui avaient fait baisser la monnaie européenne.

"C'est très ironique parce que c'est pour des raisons différentes que la BCE et les officiels français apparaissent sur la même ligne aujourd'hui", souligne Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole.

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Renvoyés dans leurs cordes dans le passé quand ils déploraient le niveau élevé de l'euro, les dirigeants français trouvent aujourd'hui un rare écho auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Mais en France, c'est l'impact de l'euro fort sur la fragile reprise économique qui est redouté, tandis que que l'institut de Francfort craint, de son côté, son effet négatif sur une inflation déjà très basse. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski