17 mars 2014 / 13:58 / dans 4 ans

Drahi veut faire de SFR-Numericable un champion national

Le président d'Altice Patrick Drahi s'est montré serein lundi quant à un aboutissement du projet de rapprochement entre sa filiale Numericable et l'opérateur télécoms SFR, grâce auquel il veut bâtir un champion français. /Photo prise le 17 mars 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Patrick Drahi, le fondateur de Numericable , s‘est montré serein lundi quant à l‘aboutissement du projet d‘union entre le spécialiste du câble en France et le numéro deux du mobile SFR, grâce auquel il ambitionne de bâtir un champion national.

S‘exprimant pour la première fois depuis que Vivendi, maison mère de SFR, a tranché en sa faveur dans le duel l‘opposant à Bouygues, l‘entrepreneur a détaillé ses plans, qu‘il dit avoir mûris depuis huit ans.

“Nous allons créer ici un champion national, un champion européen en associant deux entreprises magnifiques aux parcours différents mais très complémentaires (...)”, a-t-il expliqué lors d‘une conférence de presse, en soulignant que la convergence entre le fixe et le mobile était une tendance de fond dans les télécoms.

“C‘est le sens de l‘histoire, c‘est ce qui se fait partout dans le monde”, a-t-il ajouté.

Hasard du calendrier, l‘opérateur britannique Vodafone a annoncé lundi le rachat du câblo-opérateur espagnol Ono pour 7,2 milliards d‘euros.

C‘est l‘opération inverse qui est en marche en France avec le câblo-opérateur Numericable en passe d‘avaler le numéro deux du mobile SFR dont le chiffre d‘affaires est près de huit fois supérieur au sien.

Vivendi a accordé à Numericable une période de trois semaines de négociations exclusives à l‘issue de laquelle son conseil se réunira à nouveau pour décider du sort de SFR.

Mais vendredi soir, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui avait plusieurs fois exprimé sa préférence pour l‘offre concurrente de Bouygues, a laissé entendre que la saga SFR n‘était pas terminée.

“Il y a trois semaines de discussions. Je ne suis pas certain que les banques aient envie de s‘exposer outre mesure”, a-t-il dit sur France 2.

Interrogé à ce sujet, Patrick Drahi a répondu avoir “très peu de doutes” sur les chances que l‘opération aboutisse.

Le contrat est “ficelé” et “l‘argent est sur la table”, a-t-il dit, sans vouloir entrer dans la polémique avec les pouvoirs publics, qui, a-t-il dit, sont dans leur rôle en cherchant à obtenir des garanties sur l‘emploi ou l‘investissement.

La ministre déléguée à l‘Economie numérique, Fleur Pellerin, a également estimé dans Le Journal du Dimanche qu‘il serait “logique” que le président d‘Altice rapatrie sa résidence fiscale de la Suisse vers la France

POINT D‘ORGUE

Patrick Drahi, qui vit depuis plus de dix ans en Suisse, a répondu qu‘il n‘avait pas l‘intention “de faire rentrer sa famille en France”.

“Je vais déjà investir trois milliards d‘euros en France, c‘est un rapatriement massif”, a-t-il ajouté.

Mettre la main sur l‘opérateur aux 21 millions de clients mobiles constituerait le point d‘orgue d‘une stratégie qui a permis au polytechnicien de bâtir un empire dans le câble via le rachat de sociétés au fil de deux décennies.

Le nouvel ensemble tirerait profit de la puissance de la marque SFR - Numericable étant elle appelée à disparaître - pour attirer de nouveaux clients dans le fixe sur le réseau de Numericable. Les deux groupes uniraient leurs forces pour accroître leurs parts de marché sur un marché pour les professionnels représentant entre 6 et 7 milliards d‘euros.

Le duo, qui aurait sept millions de clients dans le fixe et 21,4 millions dans le mobile, compte ainsi porter sa part de marché dans le fixe de 25% à 45% dans sa zone de couverture. Sur le marché professionnel, il vise une part de marché de 30% contre 20% aujourd‘hui.

Patrick Drahi est revenu dans le détail sur les synergies que pourrait offrir l‘opération, estimées à plus de dix milliards d‘euros, un chiffre qui a toutefois suscité des interrogations chez certains observateurs.

Le groupe mise notamment sur l‘arrêt des redevances que SFR doit payer à Orange dans le fixe, une simplification des offres, un redéploiement des équipes commerciales des deux sociétés qui ont parfois les mêmes clients dans le secteur professionnel ou encore l‘optimisation de leurs réseaux.

Patrick Drahi a par ailleurs indiqué n‘avoir pas encore pris de décision concernant l‘équipe de direction du futur duo dont, a-t-il confirmé, il présidera le conseil d‘administration.

Edité par Dominique Rodriguez

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