La Bourse russe à ses plus bas depuis 2009 avant le référendum

vendredi 14 mars 2014 11h59
 

MOSCOU (Reuters) - La Bourse de Moscou est tombée vendredi à ses plus bas niveaux depuis 2009, à deux jours d'un référendum en Crimée susceptible de déclencher des sanctions des Occidentaux contre la Russie.

L'indice MICEX chute de 1,9% vers 10h GMT, après avoir perdu plus de 5% et touché son plus bas niveau depuis octobre 2009, alors que l'indice IRTS libellé en dollars perd 2,2%, après être tombé à ses plus bas depuis août 2009.

"Les investisseurs paniquent en raison des sanctions probables et de l'isolement international. Quel intérêt d'avoir encore de ces actions si c'est le cas?", s'interroge un trader d'une banque occidentale basé à Moscou.

Les indices ont perdu environ 18% ce mois-ci depuis que le président Vladimir Poutine a été autorisé à envoyer des troupes en Ukraine et alors que des habitants de Crimée sont appelés à se prononcer dimanche par référendum sur un rattachement à la Russie. Les Etats-Unis et l'Europe menacent la Russie de sanctions si ce référendum est organisé.

Le marché russe est également affecté, comme le reste des marchés financiers, par les nouveaux signes de ralentissement de la croissance en Chine qui alimentent les craintes d'un atterrissage brutal de la deuxième économie mondiale.

Selon des statistiques publiées jeudi, la croissance de l'investissement, les ventes de détail et la production industrielle a fortement ralenti en janvier et février, à ses plus bas niveaux depuis plusieurs années.

"Hormis la situation en Russie, la baisse a été accentuée par l'annonce du ralentissement de l'économie chinoise", souligne Maxime Goulevitch chez UBS Securities à Moscou.

Certaines valeurs peu liquides dans les services collectifs ou les métaux sont allées jusqu'à perdre plus de 10%. Mais le courant de vente a touché tous les secteurs, y compris les valeurs vedettes, la première banque russe Sberbank perdant 3,88% et Gazprom cèdant 1,35%.

L'ancien ministre russe des Finances Alexeï Koudrine a déclaré à la presse jeudi que les menaces de sanctions des Occidentaux avaient déjà provoqué une hausse des coûts d'emprunt pour les entreprises russes et que leur mise en oeuvre entraîneraient des sorties de capitaux pouvant aller jusqu'à 50 milliards de dollars (36 milliards d'euros) par trimestre.   Suite...

 
La Bourse de Moscou est tombée vendredi à ses plus bas niveaux depuis 2009, à deux jours d'un référendum en Crimée susceptible de déclencher des sanctions des Occidentaux contre la Russie. /Photo prise le 14 mars 2014/REUTERS/Maxim Shemetov