La fête est bientôt finie pour l'économie du Brésil

mercredi 12 mars 2014 17h08
 

par Brian Winter et Silvio Cascione

BRASILIA (Reuters) - L'année 2014 occupe tous les esprits au Brésil avec la Coupe du monde de football dans trois mois et une élection présidentielle en octobre mais l'horizon 2015 s'annonce bien moins réjouissant avec des réajustements douloureux en vue pour la première puissance économique d'Amérique latine.

La présidente Dilma Rousseff ou quiconque lui succédera devra tailler dans le budget, augmenter les impôts et prendre d'autres mesures draconiennes pour corriger les déséquilibres grandissants des finances du pays.

Après avoir été l'un des marchés émergents les plus dynamiques de la planète durant la première décennie de ce siècle, le Brésil vient de connaître quatre années de croissance décevante et de nombreux investisseurs prédisent un retour sur terre imminent et brutal.

Le produit intérieur brut devrait progresser de 1,68% cette année et de 2% en 2015, selon des prévisions d'économistes recueillies par la Banque centrale.

Si la croissance attendue pour l'an prochain n'a rien d'alarmant, le chiffre est trompeur parce que les projections ne peuvent prendre en compte la politique économique qui sera mise en oeuvre après la présidentielle.

"Quel que soit le vainqueur (de la présidentielle), ce sera une année difficile, bien plus que ce que certains imaginent", prédit Fernando Henrique Cardoso, qui fut président de 1995 à 2003 et conserve une influence considérable dans les cercles financiers en tant que dirigeant du principal parti d'opposition.

Un responsable proche de Dilma Rousseff confirme ces craintes, à la condition de pas être cité. "Peu de gens pensent à 2015 en ce moment mais ce sera dur, pas de doute", dit-il.

Des mesures impopulaires seront nécessaires, notamment pour endiguer le déficit public, jugé trop important ces dernières années par les investisseurs comme par les agences de notation.   Suite...

 
Vue du centre-ville de Sao Paulo. L'année 2014 occupe tous les esprits au Brésil avec la Coupe du monde de football dans trois mois et une élection présidentielle en octobre mais l'horizon 2015 s'annonce bien moins réjouissant avec des réajustements douloureux en vue pour la première puissance économique d'Amérique latine. /Photo prise le 28 novembre 2013/REUTERS/Paulo Whitaker