UniCredit nettoie son bilan, 14 milliards de perte en 2013

mardi 11 mars 2014 18h49
 

par Silvia Aloisi et Gianluca Semeraro

MILAN (Reuters) - UniCredit, a publié mardi une perte nette annuelle record de 14 milliards d'euros, conséquence de lourdes charges de dépréciations de survaleurs et de provisions sur créances douteuses, un nettoyage de bilan à grande échelle réalisé juste avant l'inspection des autorités européennes.

Le numéro un du secteur en Italie par les actifs a inscrit un total de 13,7 milliards d'euros de provisions pour créances douteuses dans ses comptes, dont 9,3 milliards pour le seul quatrième trimestre. Les analystes financiers prévoyaient en moyenne un montant d'environ quatre milliards seulement.

"Nous aurions pu étaler ces pertes sur plusieurs années, nous avons décidé de les passer en une seule année", a expliqué aux journalistes Federico Ghizzoni, l'administrateur délégué.

Les résultats d'UniCredit constituent l'illustration la plus spectaculaire à ce jour du mouvement de toilettage des bilans bancaires en cours dans la zone euro avant les tests prévus par la Banque centrale européenne (BCE) au cours des mois à venir.

"C'est un nettoyage sidérant", a commenté un analyste spécialisé qui a requis l'anonymat. "Le groupe passe pour 9,3 milliards d'euros de pertes sur crédit. Nous avions (prévu) 4,5 milliards d'euros et nous pensions que c'était déjà élevé."

Les dépréciations de survaleurs s'élèvent à neuf milliards d'euros, la banque ayant fortement réduit la valeur des acquisitions réalisées depuis 2005, parmi lesquelles figure celle de l'allemand HypoVereinsbank, qui l'avait fait changer de dimension.

La perte nette de 2013 aurait pu être plus lourde encore puisque les résultats intègrent une plus-value exceptionnelle de 1,2 milliard d'euros liée à la réévaluation de la participation du groupe au capital de la Banque d'Italie.

Les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice net annuel de 916,5 millions après celui de 865 millions enregistré en 2012, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.   Suite...

 
UniCredit fait état d'une perte nette annuelle inattendue de 14 milliards d'euros, conséquence de lourdes charges de dépréciations de survaleurs et de provisions sur créances douteuses, le groupe bancaire ayant décidé de passer son bilan à la paille de fer avant son inspection par les autorités européennes.  /Photo d'archives/REUTERS/Stefano Rellandini