Le GNL perturbe les jeux d'influence russes et chinois

jeudi 6 mars 2014 14h31
 

par Terry Wade et Ayesha Rascoe

HOUSTON (Reuters) - La croissance attendue des échanges de gaz naturel liquéfié (GNL) dans les dix prochaines années va réduire le pouvoir d'influence de Moscou en Europe et pousser la Chine à s'impliquer davantage de manière constructive dans la gestion des affaires internationales.

Ce constat partagé par de nombreux experts de l'énergie réunis cette semaine pour la "grand-messe" annuelle du secteur, l'IHS Energy CERAWeek, peut sembler singulier en pleine crise ukrainienne. Les tensions entre Kiev et Moscou au sujet de la Crimée ont nourri les inquiétudes sur les approvisionnements de l'Europe en gaz.

Sur les 485 milliards de mètre cubes de gaz consommés chaque année dans l'Union européenne, environ 160 milliards proviennent de Russie, dont un tiers via l'Ukraine. Dans le passé, Moscou a suspendu ses livraisons à l'Ukraine lors de négociations tendues avec Kiev, provoquant des pénuries en Europe.

La Russie devrait continuer à jouer un rôle crucial sur le marché du gaz européen au moins jusqu'en 2020 et sans doute au-delà. Mais à plus long terme, son influence se réduira avec la montée en puissance des gaz de schiste à l'échelle mondiale et la mise en service d'un nombre croissant de terminaux GNL.

PROBLÈME GÉOPOLITIQUE

"La Russie a fait de ses capacités d'exportation de gaz une arme diplomatique depuis longtemps et a pris l'habitude d'en faire un outil de chantage. C'est ce qui lui a permis de tenir la bride haute à l'Ukraine", souligne un spécialiste des questions énergétiques russes, qui a souhaité garder l'anonymat.

D'ici 10 ans, "les Russes ne seront plus en situation d'utiliser leur gaz de cette manière et ils le savent", a ajouté cette source, estimant qu'il s'agit là "d'un problème géopolitique pour eux".   Suite...

 
La croissance attendue des échanges de gaz naturel liquéfié (GNL) dans les dix prochaines années va réduire le pouvoir d'influence de Moscou en Europe et pousser la Chine à s'impliquer davantage de manière constructive dans la gestion des affaires internationales.  Ce constat est partagé par de nombreux experts de l'énergie réunis cette semaine pour la "grand-messe" annuelle du secteur, l'IHS Energy CERAWeek. /Photo prise le 4 mars 2014/REUTERS/Rick Wilking