March 5, 2014 / 5:29 PM / 3 years ago

La CE épingle l'Italie et la France sur leurs comptes publics

5 MINUTES DE LECTURE

La Commission européenne a épinglé mercredi l'Italie pour son niveau d'endettement et à redit à la France qu'elle n'atteindrait pas ses objectifs de réduction des déficits à moins de prendre de nouvelles mesures. /Photo prise le /François Lenoir

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a épinglé mercredi l'Italie pour son niveau d'endettement et à redit à la France qu'elle n'atteindrait pas ses objectifs de réduction des déficits à moins de prendre de nouvelles mesures.

L'exécutif européen a publié les conclusions de ses bilans approfondis des économies de 17 pays de l'UE qui étaient susceptibles selon elle de présenter des déséquilibres macroéconomiques.

Si ces déséquilibres sont considérés comme excessifs, le pays concerné doit prendre des mesures sous la surveillance de la Commission sous peine de s'exposer à des amendes.

La Commission a établi que les économies de 14 pays - la Belgique, la Bulgarie, l'Allemagne, l'Irlande, l'Espagne, la France, la Croatie, l'Italie, la Hongrie, les Pays-Bas, la Slovénie, la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni - présentaient des situations de déséquilibre mais que ces déséquilibres n'étaient excessifs que dans trois d'entre eux, la Croatie, l'Italie et la Slovénie.

"L'Italie doit agir pour faire face à une dette publique très élevée et à une compétitivité extérieure faible, qui sont enracinées l'une et l'autre dans une croissance trop lente de la productivité et appellent une action politique urgente", écrit la CE dans un communiqué.

Jusqu'ici, les efforts de Rome pour corriger cette situation ont été insuffisants, ajoute-t-elle.

En réaction, le ministère italien de l'Economie a souligné que les réformes qu'il avait promises étaient conformes aux souhaits de Bruxelles. L'Italie, a-t-il ajouté, se concentre depuis deux ans sur la stabilisation de ses finances publiques et a vu ses efforts récompensés par une forte diminution de ses coûts d'emprunt.

Matteo Renzi, le nouveau président du Conseil, s'est engagé mercredi à présenter dès la semaine prochaine une série de "réformes très importantes" visant à faciliter la création d'emplois, l'accession au logement et la rénovation des écoles.

L'espagne N'est Plus en déséquilibre

La France, qui a obtenu l'an dernier un sursis de deux ans pour ramener son déficit budgétaire sous le seuil des 3% du produit intérieur brut, est également montrée du doigt par Bruxelles.

La Commission pense que Paris, à politique inchangée, ne parviendra pas à revenir sous les 3% en 2015 et s'inquiète aussi que "l'endettement public continue d'augmenter" malgré les mesures de consolidation budgétaire mises en oeuvre depuis 2010.

Dans un communiqué, les ministres de l'Economie et du Budget, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, ont confirmé l'engagement de la France à "poursuivre son effort de rétablissement des comptes publics" jusqu'en 2017 et assuré que l'intégralité des efforts porterait sur la réduction de la dépense publique à partir de 2015, avec au moins 50 milliards d'euros d'économies prévues". (voir)

L'Allemagne, de son côté, a vu son excédent des comptes courant qualifié de déséquilibre, mais pas suffisamment pour être jugé excessif puisqu'il devrait diminuer avec le temps à mesure qu'augmentera la demande interne.

Depuis 2007, Berlin enregistre des excédents courants représentant plus de 6% de son PIB, reflétant des exportations bien plus importantes que ses importations.

La Commission estime que cette situation devrait se corriger dans les prochaines années, "grâce à une contribution plus forte de la demande intérieure à la croissance".

Pour encourager la demande et soutenir son potentiel de croissance, Berlin devrait chercher à encourager l'investissement et libéraliser son secteur des services, recommande la CE.

L'Espagne ne figure plus sur la liste des pays présentant des déséquilibres, un an après l'avoir intégrée.

"Dans le cas de l'Espagne, la Commission estime qu'un ajustement substantiel a eu lieu au cours de l'année dernière et que, sur la base de la tendance actuelle, les déséquilibres devraient continuer à diminuer avec le temps", lit-on dans le communiqué.

Mais, même si les conditions sont réunies pour conclure que les déséquilibres en Espagne ne sont plus excessifs, la Commission souligne que "les risques sont toujours présents".

avec la contribution de Steve Scherer à Rome et de Yann Le Guernigou à Paris, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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