La Chine veut une croissance économique moins polluante

mercredi 5 mars 2014 09h27
 

par Kevin Yao et Xiaoyi Shao

PEKIN (Reuters) - La Chine a une nouvelle fois laissé entendre que le temps de la croissance effrénée était désormais révolu, le Premier ministre ayant en effet annoncé une "guerre" contre la pollution et une décélération du rythme de hausse des investissements, qui tombera cette année à un creux de plus de dix ans.

S'exprimant en ouverture de la session annuelle du Parlement, l'Assemblée populaire nationale (APN), Li Keqiang a précisé que la deuxième puissance économiques mondiale visait une croissance de son produit intérieur brut (PIB) d'environ 7,5% en 2014.

Cet objectif, quasiment identique à la croissance de 2013 (7,7%) et conforme aux prévisions de la plupart des analystes, s'inscrit dans le cadre de l'ambitieux programme de réformes dévoilé en novembre lors du plénum du comité central du Parti communiste.

Ce programme vise à rééquilibrer le développement de la Chine, quitte à en ralentir le rythme légèrement, en réduisant sa dépendance aux investissements et aux exportations au profit d'un renforcement de la demande intérieure.

"Les réformes sont la priorité absolue du gouvernement. Il faut que nous ayons la volonté de briser les verrous psychologiques afin d'approfondir les réformes sur tous les fronts" a déclaré Li Kegiang, devant les 3.000 délégués de l'APN.

Les usines ne produisant plus rien ou presque seront fermées, l'investissement privé sera encouragé et le travail d'élaboration d'une nouvelle fiscalité, favorable à la protection de l'environnement, sera accéléré, a ajouté le Premier ministre.

Afin d'accompagner cette mue du modèle économique chinois, l'agence de planification du pays - la Commission des réformes et du développement national - a précisé devant le Parlement que le gouvernement visait pour cette année une hausse de 17,5% des investissements dans des actifs immobilisés, ce qui serait leur rythme de croissance le plus faible en 12 ans.

Pendant quelque 30 ans d'une croissance souvent à deux chiffres, ces investissements ont été le moteur principal de l'économie chinoise, mais ce au prix d'une pollution massive de l'air et de l'eau et d'un endettement colossal, notamment des collectivités locales.   Suite...

 
S'exprimant en ouverture de la session annuelle du Parlement, l'Assemblée populaire nationale, le Premier ministre chinois Li Keqiang a une nouvelle fois laissé entendre que le temps de la croissance effrénée était désormais révolu, Pékin ayant en effet annoncé une "guerre" contre la pollution et une décélération du rythme de hausse des investissements, qui tombera cette année à un creux de plus de dix ans. /Photo prise le 5 mars 2014/REUTERS/Jason Lee