Le luxe européen sous pression avec la crise ukrainienne

lundi 3 mars 2014 18h35
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Les grandes griffes de luxe comme Louis Vuitton (groupe LVMH), Gucci (Kering) ou Cartier (Richemont) seraient lourdement impactées par d'éventuelles mesures de rétorsion des Occidentaux contre la Russie dans le contexte de la crise ukrainienne.

En Bourse, les valeurs du luxe ont clôturé lundi en net repli, comme l'ensemble des places européennes : LVMH a perdu 2,82%, Kering et Richemont 1,7%, Hermès 1,2%.

En Crimée, le chef de la flotte russe de la mer Noire a ordonné aux forces ukrainiennes de déposer les armes d'ici mardi matin. L'Ukraine a mobilisé ses réservistes dimanche et Washington a menacé d'isoler économiquement la Russie, dont le parlement a autorisé l'envoi de troupes si nécessaire.

En cas de rétorsions internationales contre Moscou, le luxe serait surtout touché via les dépenses des touristes russes hors de Russie, car ceux-ci représentent la deuxième clientèle touristique du luxe derrière les Chinois, selon le spécialiste de la détaxe Global Blue.

"Milan, Paris et Rome sont les principales destinations des acheteurs russes en Europe (...) Si, par exemple, la délivrance de visas devait être limitée, l'impact serait immédiat sur les produits de luxe mais aussi sur les hôtels et les restaurants", a déclaré à Reuters Arjen Kruger, senior vice-président de Global Blue.

La clientèle russe, qui aime surtout dépenser ses roubles à l'étranger, représente environ 5% à 7% du marché mondial des produits de luxe (hors hôtels, restaurants et services), selon les estimations d'Exane BNP Paribas.

"Des sanctions, si elles devaient affecter les voyages des touristes russes en Europe, auraient un impact négatif sur les groupes de luxe", souligne son analyste Luca Solca.

Avec un panier moyen de 356 euros par achat mais un nombre de transactions très élevé, les Russes représentaient en 2013 le quart des transactions détaxées relevées par Global Blue dans le monde (Europe, Asie-Pacifique et Amérique latine).   Suite...

 
Les grandes griffes de luxe comme Louis Vuitton (groupe LVMH, Gucci (Kering) ou Cartier (Richemont) seraient lourdement impactées par d'éventuelles mesures de rétorsion de la part des Occidentaux à l'encontre de la Russie face à la crise ukrainienne. /Photo prise le 24 septembre 2013/ REUTERS/Philippe Wojazer