27 février 2014 / 09:40 / il y a 4 ans

Lourde perte pour GDF Suez due à 15 milliards d'actifs dépréciés

PARIS (Reuters) - GDF Suez a annoncé jeudi 14,9 milliards d‘euros de dépréciations d‘actifs, essentiellement sur des centrales électriques thermiques et des capacités de stockage de gaz en Europe, qui l‘ont fait plonger dans le rouge avec une perte nette de 9,3 milliards au titre de 2013.

Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet. Le groupe a annoncé jeudi 14,9 milliards d'euros de dépréciations d'actifs, essentiellement sur des centrales électriques thermiques et des capacités de stockage de gaz en Europe, qui l'ont fait plonger dans le rouge avec une perte nette de 9,3 milliards au titre de 2013. /Photo prise le 24 janvier 2014/REUTERSRuben Sprich

Affecté par le bas niveau des prix de marché de l‘électricité en Europe, dû à une combinaison de surcapacités et de faible demande, le groupe a souligné que cette dépréciation reflétait sa conviction d‘une crise “durable et profonde”.

“Nous avons décidé de passer les actifs au bilan du groupe à la paille de fer”, a souligné son PDG Gérard Mestrallet, lors d‘une conférence téléphonique.

“Ces dépréciations (...) n‘impactent ni notre trésorerie ni notre solidité financière, qui est une des meilleures du secteur, (...) et tout ceci ne remet pas en cause les perspectives de développement du groupe dans le monde”, a-t-il toutefois ajouté.

Ces annonces ne semblent pas inquiéter les investisseurs, l‘action GDF Suez affichant à 10h10 l‘une des plus fortes hausses du CAC 40 avec un gain de 3,9%.

Evoquant des résultats 2013 en ligne avec les attentes, de “bonnes” prévisions pour 2014 et une nouvelle politique de dividende “intelligente”, les analystes de Kepler estiment dans une note qu‘il est temps de revenir vers la valeur.

FORTE RÉDUCTION DE LA DETTE

GDF Suez a souligné que malgré l‘importance de ses dépréciations d‘actifs - qu‘il explique par la taille de son bilan de 160 milliards d‘euros - celles-ci auraient pour conséquence positive une diminution des amortissements et contribueraient ainsi à son résultat net récurrent à hauteur de 350 millions dès 2014.

Le groupe a d‘ailleurs relevé son objectif de résultat net récurrent part du groupe pour 2014 à un niveau compris entre 3,3 à 3,7 milliards d‘euros, contre un maximum de 3,5 milliards auparavant, et table sur un résultat brut d‘exploitation de 12,3 à 13,3 milliards.

GDF Suez vise également des investissements nets entre 6 et 8 milliards et un ratio dette nette sur résultat brut d‘exploitation (Ebitda) inférieur ou égal à 2,5 fois.

En données pro forma, avec mise en équivalence de Suez Environnement à partir du 1er janvier 2012, le groupe a enregistré au titre de 2013 un résultat net récurrent part du groupe de 3,4 milliards (contre 3,8 milliards en 2012), un Ebitda de 13,4 milliards (-8,1%) et des ventes de 81,3 milliards (-0,8%).

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes attendaient en moyenne un bénéfice net part du groupe de 2,7 milliards d‘euros, un Ebitda de 13,4 milliards et un chiffre d‘affaires de 81,5 milliards.

GDF Suez propose un dividende stable de 1,50 euro par action et indique que, pour la période 2014-2016, il s‘engage sur une politique de dividende basée sur un taux de distribution de 65-75% et avec un minimum de 1 euro par action, payable en numéraire et avec paiement d‘un acompte.

Gérard Mestrallet a rappelé que GDF Suez souhaitait être un énergéticien de référence dans les pays à forte croissance et a indiqué qu‘il disposait à fin 2013 de 15 gigawatts de projets en construction ou en développement avancé, dont près de 90% dans ces pays.

La dette nette du groupe, en baisse de 6,8 milliards d‘euros par rapport à fin 2012, s‘établit à 29,8 milliards à fin 2013 avec un an d‘avance sur l‘objectif du groupe.

GDF Suez a en conséquence abandonné son programme de 11 milliards d‘euros de désinvestissements en 2013 et 2014, et prévoit de revenir à des “rotations usuelles” de 2 à 3 milliards par an dont le produit sera entièrement réalloué à des investissements de croissance.

Le groupe a également décidé d‘accélérer son plan d‘économies et d‘augmenter de 800 millions d‘euros sa contribution brute cumulée à fin 2015, l‘objectif sur le résultat récurrent part du groupe s‘élevant désormais à 0,9 milliard cumulé à la même échéance.

En dénonçant un échec de la fusion entre GDF et Suez, survenue en 2008, ainsi qu‘un “monopoly international” et une “vision strictement financière”, la CGT estime pour sa part dans un communiqué que le groupe “mise tout à l‘international et tire un trait sur l‘Europe et la France”.

Le syndicat propose également qu‘une étude soit réalisée afin que l‘Etat français, qui détient 36,7% du capital de GDF Suez, en devienne actionnaire à 51%.

Avec Geert De Clercq, édité par Dominique Rodriguez

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