La devise ukrainienne chute, un possible défaut évoqué

mercredi 26 février 2014 13h24
 

LONDRES (Reuters) - La monnaie ukrainienne, la hryvnia, a chuté mercredi à un nouveau plus bas historique renforçant le risque d'un défaut de Kiev sur sa dette, en particulier sur un emprunt de 3 milliards de dollars souscrit par la Russie en décembre.

Cette éventualité pèse sur le rouble dont le cours pondéré contre l'euro et le dollar a touché mercredi un plus bas historique à 42.

Au cours de la seule journée de mercredi, la hryvnia a enregistré une baisse allant jusqu'à 4%, tombant à 10 pour un dollar.

La banque centrale semble s'être résignée à cette dérive sur fond de baisse de ses réserves en devises et dans la perspective d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur une aide financière, qui serait conditionnée à l'adoption d'un taux de change flottant.

"C'est une mesure délibérée de la part de la banque centrale. Une dévaluation est inévitable", a commenté Neil Shearing, responsable de la recherche sur les marchés émergents chez Capital Economics.

"Nous pourrions avoir un mouvement désordonné vers 14/15 (hryvnia pour un dollar) et ensuite une crise (de dette) émergente classique. C'est maintenant le véritable risque."

Les réserves en devises de l'Ukraine sont évaluées entre 12 et 14 milliards de dollars par Goldman Sachs, contre un montant de 17,8 milliards à fin janvier qui représentait un plus bas depuis 2006.

La banque centrale ukrainienne n'était pas présente sur le marché mercredi selon des opérateurs qui soulignaient la faiblesse des volumes échangés.

Sur le marché à terme, la hryvnia s'échange à 11 contre le dollar à échéance six mois, ce qui représente une dépréciation supplémentaire d'environ 9%.   Suite...

 
Bureau de change à Kiev. La monnaie ukrainienne, la hryvnia, a chuté mercredi à un nouveau plus bas historique renforçant le risque d'un défaut de Kiev sur sa dette, en particulier sur un emprunt de 3 milliards de dollars souscrit par la Russie en décembre. /Photo prise le 7 février 2014/REUTERS/Gleb Garanich