26 février 2014 / 06:40 / il y a 4 ans

Airbus augmente la cadence de l'A320 et muscle sa défense

TOULOUSE (Reuters) - Airbus Group a annoncé mercredi qu‘il produirait plus d‘A320 à partir de 2016 pour absorber l‘avalanche de commandes venant d‘Asie et du Moyen-Orient et s‘est dit déterminé à muscler son pôle de défense et espace, dans lequel il espère engranger davantage d‘exportations dans les émergents.

Le président exécutif d'Airbus Group, Tom Enders. L'ex-EADS a annoncé une augmentation de la cadence de production de l'A320 après une avalanche de commandes et a dit viser une amélioration modérée de sa rentabilité en 2014 en raison d'éventuelles charges liées à son nouveau long-courrier, l'A350, dont la mise en service reste prévue fin 2014. /Photo prise le 26 février 2014/REUTERS/Régis Duvignau

L‘ex-EADS, dont les résultats ont globalement dépassé les attentes en 2013, a décidé de produire 46 A320 à partir du deuxième trimestre 2016, contre 42 actuellement, estimant que ses fournisseurs étaient désormais en mesure de suivre la cadence.

Un et demi après l‘échec de sa fusion avortée avec le britannique BAE Systems, Airbus Group a mis l‘accent sur l‘export dans les émergents pour compenser l‘austérité budgétaire en Europe et aux Etats-Unis.

Le président exécutif, Tom Enders, a déclaré à Reuters qu‘il comptait engranger cette année les premiers succès à l‘export de l‘avion de transport militaire A400M, livré à l‘armée française l‘an passé et dont la production, comprise entre 10 et 11 unités cette année, devrait augmenter en 2015 et 2016

Le responsable de la stratégie d‘Airbus Group Marwan Lahoud a précisé de son côté qu‘il espérait boucler au second semestre la revue des activités dans la défense et le spatial, ce qui pourrait déboucher sur des fusions et acquisitions.

“Nous faisons le tour complet. Pour une fois, nous regardons tout”, a-t-il dit à la presse.

Les économies prévues par la restructuration d‘Airbus Defence & Space - né de la réunion des activités militaires et spatiales de l‘ex-EADS et d‘Airbus Military - devraient avoisiner 800 millions d‘euros, un chiffre cité dans la presse, mais le montant n‘est pas encore arrêté, a-t-il précisé.

Tom Enders n‘a pas donné très cher des perspectives à l‘exportation de l‘Eurofighter, produit avec BAE et l‘italien Finmeccanica, et qui affronte dans des appels d‘offres internationaux le Rafale de Dassault Aviation, dont Airbus Group détient 46%, une participation jugée toutefois “non stratégique”.

“VENDRE, VENDRE, VENDRE” L‘A380

Marwan Lahoud a en revanche insisté sur la nécessité de “vendre, vendre, vendre” l‘A380, visant l‘Asie, et en particulier la Chine l‘un des marchés pour lesquels le très gros porteur d‘Airbus a été conçu. “Nous aurons percé sur l‘A380 quand nous le vendrons en Chine”, a-t-il dit.

Les discussions avec les partenaires chinois d‘Airbus sur la prolongation de la production de l‘usine de Tianjin au-delà de 2016 portent sur une augmentation des cadences de quatre à six unités par mois et aussi sur une éventuelle extension à l‘A330, a-t-il précisé.

Tom Enders a dit espérer conclure au printemps ces discussions, qui pourraient permettre à Airbus de produire à terme plus de 46 A320 par mois, une montée en cadence qui sera largement soutenue par l‘apport de la future usine de Mobile (Alabama) qui fabriquera quatre appareils par mois à partir de la fin 2016.

Il a annoncé pour septembre le premier vol de l‘A320neo, la version remotorisée du moyen courrier.

Concernant l‘A330, qui fait preuve d‘une belle longévité malgré l‘arrivée de l‘A350, Airbus décidera cette année d‘une éventuelle remotorisation, a dit Marwan Lahoud.

Pour 2014, Airbus n‘a dit viser qu‘une hausse “modérée” de sa rentabilité en raison d‘éventuelles charges liées à l‘A350, qui doit entrer en service fin 2014, et a maintenu son objectif de 7 à 8% de marge en 2015 (contre 6% en 2013), après prise en compte des coûts liés au futur long-courrier.

Airbus Group, dont l‘action prend 2% vers 15h35, propose pour 2013 un dividende de 0,75 euro (0,60 euro en 2012).

Le groupe a amélioré son bénéfice d‘exploitation avant exceptionnels de 600 millions d‘euros à 3,6 milliards en 2013, en excluant pour 913 millions d‘euros de charges liées à l‘A350, à sa restructuration et à l‘appréciation de l‘euro.

Airbus Group vise pour 2014 un chiffre d‘affaires stable après une hausse de 5% à 59,256 milliards d‘euros en 2013, grâce aux livraisons record d‘avions commerciaux.

Avec Tim Hepher et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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